jeudi 17 mai 2018

Evénement René Char, Musée Angladon et bibliothèque Ceccano, Avignon (84)


Le poète des rayons...



Le musée Angladon et la médiathèque proposent un événement autour du poète vauclusien et de ses œuvres qui font la part belle à l'image qu'elle soit plastique ou langagière. 

Si de nombreux artistes ont illustré les textes et volumes de Char très tôt, ce fait s'explique par une très grande familiarité avec les artistes plasticiens : Brauner, Giacometti, Lââm, Vieira da Silva sont quelques grands noms qui percent lorsque l'on évoque l'œuvre du poète des Nevons. Ce sont donc quelques épreuves et tirages précieux que le musée met sous les yeux du spectateur. La langue forte et imagée percute les pages illustrées par Braque ou Lââm qui répondent par des dessins où puissance et imagination se disputent le devant de la scène. 



L'autre point fort de l'exposition est la présentation d'exemplaires manuscrits et de lettres où le blanc de la page est hanté par les phrases volontiers classiques et foudroyantes ainsi que par des dessins ou des collages fantaisistes. La période de la Guerre est largement abordée avec des courriers pleins de fureur et d'énergie ainsi que des textes à paraître où l'inspiration poétique n'a rien à envier à la hargne du Résistant.


 Se dessine un portrait d'homme engagé mais qui va au-delà de la simple volonté d'adhérer à un groupe (qu'il soit artistique comme les Surréalistes ou politique comme la Résistance) : c'est plutôt l'adhésion à la vie, à la force des sentiments quels qu'ils soient qui emporte l'esprit de Char, un esprit fait de chair et de souffle qui pétrit la phrase comme on pétrit une pâte dure mais qui fera un pain roboratif et spirituel.

Le parcours se poursuit à la médiathèque à travers des archives, des portraits du poète ainsi que des productions d'artistes contemporains qui viennent faire écho à l'œuvre de Char.



Un poète à redécouvrir jusqu'au  10juin 2018 :
https://angladon.com/exposition/rene-char-lhomme-marchait-rayon-de-soleil/

mardi 8 mai 2018

Masse Critique Babelio, Créer une BD case à case de Ilya


Vlam...Ploum...Slam....





Ilya, auteur de comics, nous entraine dans la création d’une bande dessinée (et oui, tout est dans le titre !)…A travers des conseils de base et d’autres plus affinés, c’est un véritable périple entre les bulles, les cases et crayons divers qui nous est proposé.



Loin d’un simple manuel, l’ouvrage se présente sous forme de planches didactiques, comiques et documentaires afin de brosser un large portrait du genre de la bande dessinée : en plus de définitions simples du vocabulaire de base, Ilya présente de manière claire différentes techniques et règles pour créer une histoire illustrée qui « marche ».
Quelques pages sont aussi consacrées aux divers courants du genre : comics, franco-belge ou manga, tentant de donner quelques pistes d’influence qui pourront toujours séduire l’imaginaire des uns et des autres.


Un ouvrage amusant qui donne envie de se lancer grâce à des conseils clairs…Alors à vos feutres ou crayons et c’est parti pour des aventures en 2D ! Merci à Masse Critique et aux Editions Eyrolles pour cet ouvrage revigorant…

samedi 21 avril 2018

Randanplants 2018, Randan 63


Des plantes qui se multiplient...


Depuis six ans, le domaine royal de Randan propose une fête des plantes qui se voit croitre au fil des ans. Cette année, pas moins de 70 exposants de toute la France proposent des plantes et autres articles de jardin.


Au fil des allées, les chèvrefeuilles, plantes potagères et autres stars de nos latitudes croisent le fer avec des végétaux plus exotiques mais pas moins épanouis sous le soleil de ces derniers jours. Plusieurs associations et pépiniéristes présentent des solutions au changement climatique avec des plantes de milieux secs ou avares en eau.
 

Des exposants régionaux mettent en avant des plantes rares ou oubliées qui ont fait le bonheur de générations de jardiniers et qui pourraient bien redevenir des phares des plates-bandes de nos jardins. Un bel opus à déguster jusqu'à demain...


http://www.domaine-randan.fr/actu

samedi 14 avril 2018

Fête des plantes, Sérignan-du-Comtat (84)


Jardiner nature...


 Vingtième édition de la fête des plantes de Sérignan-du-Comtat, chef lieu de la botanique grâce à la présence de Jean-Henri Fabre. La fête des plantes rares a évolué au fil des ans pour donner naissance à une foire aux plantes qui mêle rencontres, ventes et expositions autour de la culture bio et raisonnée des protagonistes du jardin.

Même si cet anniversaire a été arrosé (et après tout, ce ne sont pas les plantes qui s'en plaindront), les exposants sont au rendez-vous avec des variétés anciennes ou de nouveaux cultivars. Avis aux amateurs car le choix cette année encore est extrême !


 Des rosiers buissons aux rosiers grimpants aux fleurs parfumées en passant par des plantes plus exotiques des pays d'Amérique du Sud, on peut trouver son bonheur quel que soit son climat et ses envies. Les plantes de jardin sec ou les végétaux de berges se font aussi la part belle chez plusieurs exposants.


Je n'oublie pas les bulbes : tulipes, dahlias et autres sentinelles du jardin depuis des lustres se disputent la vedette à travers des variétés bien connues ou toutes nouvelles...Il n'y a que l'embarras du choix. Les légumes ne sont pas en reste avec des variétés de tomates ou des plants d'ancêtres de la carde qu'on me promet pouvoir mesurer près d'1m 50....Espérons que la petite plante deviendra grande !!


Encore une belle édition que vous pouvez rejoindre demain dimanche....En espérant que le soleil sera de la partie...

jeudi 22 mars 2018

Masse critique Babelio, F. Jullien, Ressources du christianisme



Interroger le christianisme...




Tout d’abord, un remerciement à Babelio aux Editions de l’Herne pour m’avoir envoyé cet ouvrage de F. Jullien. Ressources du christianisme est une reprise d’une conférence donnée par le philosophe à plusieurs reprises en 2016.

Cette retranscription se sent un peu dans l’introduction qui révèle à de nombreuses reprises sa rhétorique universitaire. Toutefois, le corps du texte est plus fluide et la pensée se développe en plusieurs chapitres qui réinterrogent la question du christianisme. Et comme le titre l’annonce, il ne s’agira pas de reprendre une réflexion autour des opposés de foi et et d’athéisme,  de religion et spiritualité. F. Jullien tente d’interroger le christianisme en dehors du dogme afin de montrer que la proposition chrétienne est un scandale, le caillou dans la chaussure du réel et de la logique.



F. Jullien veut réinterroger les sources du Nouveau Testament en laissant les strates dogmatiques et traditionnelles qui, selon lui, ont changé et amoindri le message originel. Ainsi, il suit l'écrit de Jean et non ceux des 3 autres apôtres car pour lui, il s'agit de la version la plus radicale; celle qui met en lumière le radicalisme de la pensée du Christ. 


Il s'agit donc pour le philosophe de reprendre les textes et notamment la traduction de certains termes qu'il dénonce comme dévoyés par certaines traductions. C'est à l'aune de cette revivification du verbe et de la geste christique qu'i met en place une démonstration où l'histoire du Christ devient une aventure, éclair dans la vie des hommes.

Un texte intéressant et plein de richesses qui reste accessible malgré parfois certains passages peut-être un peu plus complexes pour un lectorat qui ne maitrise pas toujours certains concepts ou terminologies philosophiques.

samedi 9 septembre 2017

Expo Aztec Hotel, Musée Quai Branly, Paris (75)


Ruines de pacotilles...


Les USA ont longtemps souffert d'un manque d'une grande civilisation américaine antique qui pourrait faire pendant à la Grèce ou Rome. C'est avec les découvertes des civilisations de la Méso-Amérique et de l'Amérique du Sud que va se concrétiser leur rêve d'Antiquité.

Grâce à des archéologues très fantaisistes (Schliemann et ses découvertes font pâle figure en comparaison), le monde a soif des ruines maya, aztèques que l'on mélange et amalgame dans une joyeuse effervescence.


De là des constructions de théâtres, cinémas qui prendront pour modèles des ruines maya que l'on qualifiera de style aztèque. Une mode est lancée qui va prendre tant au niveau décoration que littérature. Les salles de cinéma s'ornent d'idoles alors que les écrans projettent de douces histoires où une princesse peu habillée flirte avec un dieu du tonnerre sous fond de sacrifices humains.

Des architectes comme Lloyd Wright s'inspireront de certains motifs afin de créer des structures qui ponctueront leur réalisation. Si le grand architecte américain a toujours nié une telle inspiration, une simple observation démontre cette utilisation de structures maya. 


Avec la Seconde Guerre, l'élan se tarit mais il reviendra vite avec les années 50 : de même que la mode hawaïenne, le modèle aztèque fera fureur sur les chemises, les verres et autres éléments d'une décoration kitsch. La musique ne sera pas en reste comme en témoigne la chanteuse péruvienne Yma Sumac qui dira avoir retranscrit l'ancienne musique des Andes. A défaut de vérité historique, des airs entraînants et une sacrée tessiture pour cette voix qui mettra à l'honneur cette partie du Nouveau Monde.


Du toc et du kitsch, pour une aventure qui ne manque pas de couleurs....Jusqu'au 8 octobre 2017 :
http://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/aztec-hotel-37569/

mercredi 23 août 2017

Expo Masahisa Fukake, Rencontres d'Arles (13)


Ombres et couleurs...


Les rencontres photographiques d'Arles proposent dans la multitude de lieux de la ville dédiés à l'art des ombres et lumières la première rétrospective occidentale dédiée à Masahisa Fukase.

Né en 1934 avec un père qui possédait un atelier de portraits photographiques en Hokkaido, Fukase se destine très tôt à cet art. Il perce dans les années 1960 et devient véritablement célèbre avec une première série Yūgi (遊戯) / Homo Ludence). Travaillant pour la presse et les magazines, il continue son travail artistique à travers de nombreux albums qui utilisent à la fois le noir et blanc ainsi que la couleur.

Mettant en scène sa famille, des modèles, il crée des images qui jouent avec l'intime et sa représentation. Si ses photographies peuvent avoir un caractère ludique, Fukase dénie la moindre volonté de parodie ou de divertissement. Il avouera ne pas penser rendre les gens heureux à travers son travail et se demande lui-même s'il en éprouve le moindre plaisir.


Son rapport aux animaux est intense : outre la série qui le rendit célèbre Karasu () / Ravens), les clichés nombreux qu'il fit de son chat Sasuke forment une sorte de séries d'autoportraits. Il confiera d'ailleurs : "J'ai passé la plus grande partie de cette dernière année à prendre des photos allongé par terre, à peu près au niveau des yeux d'un chat, au point que j'ai eu la sensation d'en devenir un moi-même". 




Envahi par une certaine mélancolie et un rapport à la mort évident, ses dernières séries sont des jeux avec certaines onomatopées japonaises comme berobero où l'artiste se met en scène lui et son geste puisque la plupart des clichés sont rehaussés de couleurs, de traces dessinées comme pour mieux prendre de la distance avec le geste et les codes photographiques.


Victime d'une chute dans les escaliers d'un bar où il avait ses habitudes, Fukase restera 20 ans dans le coma jusqu'à sa mort en 2012. Son œuvre est à voir au Palais de l'Archevêché jusqu'au 24 septembre 2017 : https://www.rencontres-arles.com/fr/expositions/view/160/masahisa-fukase